Me voici depuis quelques jours sans les enfants et leur père, partis en Bretagne chez leur Granny et mère respectives. 

J'ai très peu l'occasion de me séparer d'Augustin et Gaspard depuis leur naissance, n'ayant personne pour les garder. Je le déplore souvent mais de ce fait, nous sommes consubstantiellement liés et je suis toujours un peu triste de les quitter.

Mais une fois que les enfants sont partis, succède l'euphorie de retrouver ma vie d'avant, celle que j'ai quittée à presque 38 ans. Et en numéro 1, ce qui me plaît le plus, c'est de ne pas me soucier de l'heure.

Cette liberté est comme un vêtement trop grand, je ne sais plus quoi en faire. Dans les magasins, j'entends un enfant pleurer, un autre crier "maman" ! et je me retourne par réflexe, pour vérifier que ce n'est pas moi dont on a besoin.

J'avais plein de projets pour cette semaine : grand ménage, prendre des verres avec les copains trop rarement vus, la piscine un jour sur deux...

Les jours passent, je n'ai pas fait la moitié de mon programme, à part beaucoup de lèche-vitrines. j'adore ça. L'appartement est vide le soir, mais je savoure quand même le calme. Les sentiments sont ambivalents. mais la course contre la montre s'est arrêtée. Et ça, c'est bon !

Dans deux jours, je prendrai le train pour les retrouver sur la route des vacances. Je descendrai sur le parvis de cette gare inconnue et je verrai leurs visages épanouis dans leurs rehausseurs, à l'arrière de la voiture. Je me retiendrai pour ne pas les couvrir de baisers. Nous descendrons vers le sud, nous retrouverons la Méditerranée, la piscine, les baignades quotidiennes, les pélardons, les cigales et les citronniers.

Trois semaines à savourer, en espérant qu'elles seront à la hauteur de leurs promesses.